La synchronisation
Comprendre la synchro
Mettre une musique sur une image, ça ne s'improvise pas. Qui doit donner son accord, ce que fixe une licence, ce qu'il faut préparer avant de proposer un morceau : l'essentiel en quelques minutes.
01C'est quoi, la synchro ?
La synchronisation, c'est l'association d'une musique à une image : un film, une série, une publicité, un jeu vidéo, une bande-annonce, une vidéo en ligne ou un contenu de marque. On parle de « synchro » parce que le son est calé sur l'image.
Utiliser un morceau de cette façon demande une autorisation préalable de ceux qui détiennent les droits. Cette autorisation prend la forme d'une licence, en général payante, qui précise ce que le producteur de l'image a le droit de faire avec la musique.
02Deux autorisations à réunir
Un morceau enregistré, ce sont deux choses distinctes, chacune protégée par ses propres droits. Pour l'utiliser en synchro, il faut en principe les deux autorisations.
La composition et les paroles
Elle appartient aux auteurs et compositeurs, et aux éditeurs à qui ils ont confié des droits.
L'autorisation se demande à l'éditeur, ou directement aux auteurs et compositeurs si l'œuvre n'est pas éditée.
Le master
Il appartient au producteur phonographique : la personne ou la structure qui a financé et organisé l'enregistrement (label, maison de disques, ou toi si tu autoproduis).
Selon les contrats, l'accord des artistes-interprètes peut aussi être nécessaire.
En France, ce droit de synchronisation se négocie directement avec les ayants droit : ce n'est pas la SACEM qui le délivre. En revanche, quand le film, la série ou la publicité est ensuite diffusé, cette diffusion peut générer des droits d'auteur collectés par la SACEM et ses homologues à l'étranger.
Si tu as écrit, composé et produit seul ton morceau, et que tu n'as cédé aucun droit, tu peux accorder les deux autorisations toi-même. Les productions apprécient ce cas de figure : une seule signature, moins de risques. S'il y a des coauteurs ou un coproducteur, chacun doit être d'accord, d'où l'intérêt de fixer les parts de chacun par écrit dès la création (split sheet).
03Qui intervient ?
Les intermédiaires varient d'un projet à l'autre. Les plus fréquents :
- Le superviseur musical (music supervisor)Il cherche et propose les musiques pour un film, une série ou une campagne, puis s'occupe souvent d'obtenir les licences.
- La production, l'agence ou la marqueElle commande l'image, fixe le budget et valide le choix final.
- Les éditeurs et les labelsIls détiennent ou gèrent les droits de nombreux morceaux et négocient les licences pour leurs artistes.
- Les librairies musicalesDes catalogues de musiques déjà prêtes à être licenciées, souvent avec des conditions et des tarifs standardisés.
04Ce que fixe une licence de synchro
Une licence de synchro ne donne pas « tous les droits » : elle autorise un usage précis. On y retrouve en général :
- L'usage : générique, fond sonore, scène précise, publicité, bande-annonce…
- Les médias : télévision, cinéma, plateformes, réseaux sociaux, internet…
- Le territoire : un pays, plusieurs, ou le monde entier.
- La durée : quelques mois pour une publicité, beaucoup plus longtemps pour un film.
- L'exclusivité : le morceau peut-il être utilisé ailleurs pendant la même période ?
- La rémunération : en général un montant forfaitaire, qui varie énormément selon le projet, l'usage et la notoriété du morceau.
- Les crédits : comment ton nom et le titre apparaissent.
Il n'existe pas de tarif standard : deux projets qui se ressemblent peuvent payer des montants très différents.
05Ce qu'il faut préparer avant
Un morceau prêt pour la synchro, c'est un morceau qu'on peut licencier vite, sans mauvaise surprise. Avant de le proposer :
- Des droits clairs : qui a écrit, composé, produit ? Les parts de chacun sont-elles fixées par écrit ? Les samples éventuels sont-ils autorisés ?
- Des métadonnées complètes : titre, ISRC, ISWC si tu l'as, crédits, éditeur, contact joignable, intégrés au fichier et dans un tableau.
- Les versions utiles : instrumentale, version sans paroles explicites, stems, versions courtes (30 ou 60 secondes, par exemple).
- Des fichiers de qualité : WAV pour l'envoi final, MP3 pour l'écoute, avec des noms de fichiers clairs.
- Tes engagements existants : un contrat de label, d'édition, de distribution ou avec une librairie te lie-t-il déjà pour la synchro ?
06Les pièges les plus courants
- Un coauteur oublié ou en désaccord : sans son accord, la licence peut être bloquée.
- Un sample non autorisé : il rend le morceau difficile, voire impossible à licencier.
- Une exclusivité déjà accordée à un label, un éditeur ou une librairie, que tu aurais oubliée.
- Les systèmes d'identification automatique (comme Content ID sur YouTube) : s'ils sont mal configurés, ils peuvent réclamer les revenus de la vidéo d'un client qui a pourtant payé sa licence.
- Signer trop vite : une licence se lit en entier, surtout les clauses d'exclusivité, de durée et de territoire.
07Pour aller plus loin
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À savoir : DONSYNC ne propose pas de dépôt de morceaux, de placement ni de mise en relation avec des superviseurs musicaux. Ici, tu apprends à comprendre et à préparer ta musique.